Chaque année, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril est l’occasion de déconstruire les mythes entourant le trouble du spectre de l’autisme (TSA) et de promouvoir une meilleure compréhension des réalités vécues par les personnes concernées. Cette journée rappelle l’importance d’accepter la diversité des chemins que chacun emprunte pour atteindre ses objectifs.
On en a discuté avec deux personnes spécialisées en trouble du spectre de l’autisme : Caroline Gourgues et Jade Lawsane.
Caroline Gourgues est enseignante et coordonnatrice du programme Techniques d’éducation spécialisée (TES). Éducatrice spécialisée pendant 20 ans, elle a travaillé auprès de diverses clientèles. Jade Lawsane est enseignante en TES à Saint-Laurent et psychoéducatrice. Elle travaille également pour une commission scolaire en tant que co-coordonnatrice du Centre d’Excellence en trouble du spectre de l’autisme.
Voici les mythes qu’elles ont identifiés et voulu déconstruire afin de sensibiliser à l’autisme.
Déconstruire les idées reçues : 5 mythes sur l’autisme
- Les personnes autistes manquent d’émotions
Faux : Les personnes autistes ressentent des émotions aussi profondément que les autres, mais elles peuvent les exprimer d’une manière moins habituelle. - Toutes les personnes autistes ont des capacités extraordinaires (« syndrome du savant »)
Faux : Si certaines personnes autistes ont des talents spécifiques, chaque personne est unique et la majorité n’a pas de capacités extraordinaires. - Les personnes autistes ne veulent pas de contact social
Faux : Beaucoup de personnes autistes cherchent à établir des relations, mais elles peuvent rencontrer des difficultés à comprendre et appliquer les codes sociaux usuels. - Elles doivent apprendre à « regarder dans les yeux »
Faux : Le contact visuel peut être inconfortable ou envahissant pour certaines personnes autistes. Il est essentiel de respecter leur façon de communiquer. - Les personnes autistes sont toutes identiques
Faux : Le spectre autistique est extrêmement vaste, et chaque personne a des besoins, des forces et des défis spécifiques. Il est crucial d’éviter les généralisations.
Mais qu’est-ce que l’autisme alors?
L’autisme, on en entend souvent parler sans réellement savoir ce que cela recouvre. L’Agence de la santé publique du Canada le définit ainsi :
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble du développement neurologique caractérisé par des déficits dans les sphères du langage, de la communication et des interactions sociales combinés à des comportements, des activités ou des intérêts restreints ou répétitifs. Les signes du TSA sont généralement détectés durant la petite enfance, et le TSA est diagnostiqué de quatre à cinq fois plus souvent chez les garçons que chez les filles.
Concrètement dans le milieu collégial, cela peut s’illustrer comme une personne qui présente plus de difficultés en travail de groupe ou qui a besoin de quitter le cours à chaque fois que quelqu’un est assis à sa place. Une accumulation de difficultés scolaires et sociales pourrait finir par affecter la motivation et le sentiment de compétence de la personne aux études.
Ce que nous apprennent les personnes autistes
Jade et Caroline nous ont également partagé leur expérience et leur vision des personnes autistes. Pour celles et ceux qui côtoient régulièrement des personnes autistes, le TSA est aussi et surtout une manière d’appréhender le monde qui ne ressemble à aucune autre.
« Côtoyer une personne autiste, c’est voir le monde d’une autre façon. Une fois qu’on a cette vision, on ne la perd jamais », témoigne Jade Lawsane, spécialiste du TSA.
« Les personnes autistes nous invitent et nous incitent à apprécier le moment présent, même lorsqu’il est difficile », ajoute Caroline Gourgues qui estime que les personnes autistes font preuve d’une résilience impressionnante.
« Vivre dans une société saturée de stimuli sensoriels demande un courage quotidien pour les personnes autistes. Malgré les défis, elles choisissent d’avancer et ont simplement besoin d’un accompagnement bienveillant pour y parvenir. À leurs côtés, il est essentiel de se mettre sur pause, d’adopter une posture d’écoute et d’accepter la personne telle qu’elle est, avec ses forces et ses difficultés », confie Jade Lawsane.
Selon elle, accompagner une personne autiste, c’est reconnaître qu’il existe différentes manières d’atteindre un objectif mais aussi et surtout différentes manières d’être, à mille lieues des clichés parfois très répandus sur les personnes autistes.
La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme nous rappelle que la diversité est une richesse. En adoptant une approche respectueuse et ouverte, il est possible de contribuer à une société plus inclusive où chaque personne a sa place, quel que soit son parcours. C’est ce qu’enseignent Jade et Caroline dans le programme Techniques d’éducation spécialisée et mettent en pratique au quotidien avec leurs étudiants et étudiantes.

À lire aussi

Un nouveau partenariat entre le cégep de Saint-Laurent et l’Institut national de l’eau du Bénin
28 mars 2025

Un nouveau comité étudiant en Techniques de bioécologie fait une grande différence pour la biodiversité du Cégep
25 mars 2025

Deux étudiantes à la tête de familles monoparentales reçoivent une bourse de soutien de la Fondation
24 mars 2025